News IARU - Juin 2017

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News IARU
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Pierre-Louis F5NED a assuré la fonction de liaison REF-IARU ces trois dernières années et a en particulier largement contribué à redonner au REF une visibilité importante au sein de l’IARU Région 1. Cette implication du REF s’est en par exemple traduite par une présence importante lors de la Conférence Générale de septembre 2014 où Pierre-Louis F5NED, Philippe F6ETI, Jacques F6BEE et moi-même avons participé aux différentes sessions et comités, permettant de prendre une part active aux différentes discussions importantes. Cette délégation s’est ensuite rendue à Vienne en 2016 pour la Conférence Intermédiaire où s’est la première réunion d’un tout nouveau comité dédié à la gestion des problématiques CEM (Compatibilité Electromagnétique), pris en charge pour le REF par Henri F6FHV qui avait rejoint notre groupe courant 2016. C’est dans la perspective de la prochaine conférence à Landshut cette année que je succède à F5NED et je tiens ici à le remercier pour son action et son dévouement, il a permis en particulier de structurer notre action et de la rendre pérenne. Je tâcherai de poursuivre son travail et de permettre au REF de garder une place significative dans les différentes institutions qui coordonnent l’activité radioamateur.

F5NED vous informait régulièrement dans les colonnes de Radio-REF de l’actualité ou du fonctionnement de l’IARU. Je tâcherai de poursuivre cette action et de relayer aussi régulièrement que possible les principaux faits marquants ou activités de l’IARU.

Pour rappel, notre équipe IARU est constituée de :

  • Henri F6FHV pour la partie CEM (Comité C7),

  • Jacques F6BEE pour la HF (Comité C4),

  • Philippe F6ETI pour les V/U/SHF (Comité C5),

  • Sylvain F4GKR pour la coordination de l’équipe ainsi que la participation avec F6ETI aux questions relatives aux V/U/SHF

Cette année 2017, déjà bien avancée, est assez riche en actualités avec de nombreuses actions suivies par l’équipe IARU, tant sur le plan national qu’international. Nos principales activités ont concerné l’aide à la coordination de fréquence pour le Projet PicSAT, nos participations aux groupes de travail préparatoires à la Conférence Mondiale Radio de Genève en 2019, la préparation de la Conférence Générale IARU Région 1 en septembre prochain à Landshut et enfin la candidature de la France pour l’organisation et l’hébergement de la conférence IARU de 2020…

Satellite scientifique PicSAT du LESIA (Observatoire de Paris/Meudon)

Les liaisons radio sol/satellite (données ou contrôle) nécessitent l’obtention d’une fréquence dédiée et réservée pour permettre des communications dans de bonnes conditions entre l’émetteur embarqué - généralement de faible puissance - et la station de contrôle au sol. Les satellites défilants (non géostationnaires) survolent, au cours d’une orbite, un grand nombre de pays et le choix de la fréquence utilisée pour ces liaisons radio impose donc une coordination internationale afin de garantir que la liaison sera toujours possible sans risque d’interférence. Ce processus est généralement assez long et peut se faire de deux façons:

  1. Via l’UIT (Union International des Télécommunications) pour les satellites commerciaux,

  2. Via l’IARU pour les satellites amateur.

Le LESIA, laboratoire rattaché à l’observatoire de Paris, a contacté le REF courant 2016 (voir références pour plus de détails) pour évaluer la possibilité d’utiliser des fréquences radioamateurs dans le projet de satellite PicSAT qui devra être lancé fin 2017. Le règlement des radiocommunications (RR) définit de façon stricte ce que doit être le “service amateur par satellite” et impose de garantir l’accès aux moyens radio embarqués à tout radioamateur sans distinction.

Pour PicSAT, cela se traduirait par la mise à disposition - en dehors des phases scientifiques de la mission - des modems VHF/UHF pour les radioamateurs, le satellite devenant ainsi un transpondeur VHF vers UHF.

Plusieurs réunions de travail se sont tenues entre le REF, le LESIA et l’AMSAT Francophone afin de définir les modalités précises d’utilisation des bandes radioamateurs et de la possibilité d’utiliser ces moyens radio à des fins amateurs. Ce partenariat précise que le REF apporte son aide technique et administrative dans la procédure de demande de fréquence vers l’IARU. Grâce à cette collaboration, le LESIA a rapidement obtenu son attribution de fréquences lui permettant de poursuivre la construction du satellite et en particulier des liaisons radio.

Depuis début 2017 une équipe du LESIA et quelques radioamateurs collaborent à la mise au point des liaisons radio et quelques astronomes travaillent en vue du passage prochain de la licence radioamateur.

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Ce dessus le satellite de test, qui ne sera pas lancé.

Cette action vers la communauté scientifique est importante car elle permet de faire connaître notre passion vers un public qui bien souvent n’a jamais entendu des radioamateurs, et c’est une des pistes pour amener de nouveaux passionnés vers notre hobby.

Discussions préparatoires à la Conférence Mondiale Radio de Genève en 2019 (CMR19)

La coordination internationale de l’utilisation du spectre est un processus « long et pas toujours tranquille »… de nombreux intérêts - parfois contradictoires - doivent être confrontés pour trouver un consensus et définir le cadre de fonctionnement des différents services.

Ces questions concernent tous les aspects de la radiocommunication: télévision, téléphonie mobile, faisceaux hertziens, satellites … mais aussi bien sûr la cohabitation du service amateur avec les autres utilisateurs du spectre.

Cette coordination s’articule en pratique autour d’un cycle de conférences où tous les pays sont invités à discuter puis voter les décisions de modification des plans de fréquence. Généralement tenues tous les 4 ans, ces conférences ont pour objet:

  • La mise au vote des différentes propositions, qui lorsqu’elles sont adoptées, doivent ensuite être transcrites dans chaque pays membre,

  • La décision de l’ordre du jour de la prochaine conférence.

Cette coordination prend également une forme “plus régionale” et des organisations semblables ont été créées en Europe ou dans la CEPT. C’est l’ANFR (Agence Nationale des Fréquence) qui porte le vote français et représente notre pays dans ces institutions.

Bien entendu les différentes propositions prévues au vote ne sont pas discutées dans le détail au dernier moment et font l’objet de nombreuses réunions préparatoires pour tenter de converger vers une position qui fera l’unanimité. C’est précisément au cours de ces réunions préparatoires que l’on aborde “les sujets qui fâchent” et que les experts de chaque pays confrontent leurs argumentaires et leurs points de vue. Ces réunions techniques préparatoires sont donc un mélange d’argumentaires techniques ou scientifiques et de positions politiques « de principe », pas forcément toujours simples à concilier.

L’agenda de la prochaine Conférence Mondiale (CMR19) prévue fin 2019 à Genève nous concerne à plusieurs titres avec deux points importants à l’ordre du jour:

  • Extension de la bande 50-52 à 50-54 MHz pour l’ensemble de la région 1 (Agenda item 1.1),

  • 5.7 Ghz, en conséquence du point 1.16 de l’ordre du jour.

Extension de la bande 50-52 MHz à 50-54 MHz pour le service amateur

Cette question a été ajoutée à l’ordre du jour de la CMR19 par la résolution 658 de la conférence précédente (2015) qui fixe le cadre des discussions et demande:

  1. D’évaluer les besoins dans la Région 1 pour le service amateur dans la bande 50-54 MHz,

  2. Tenant compte de ces besoins, d’évaluer les possibilités de coexistence entre le service amateur et les services de radiocommunication mobiles, fixes, de radiolocalisation ou de radiodiffusion, afin d’en garantir la protection.

En effet, cette bande est actuellement utilisée pour de nombreuses applications:

  • La télévision,

  • La mesure de la vitesse des vents (grâce à des radars large bande),

  • Des radiocommunications mobiles ou fixes.

L’ajout de 2MHz supplémentaires à la bande des 6m ne peut se faire sans l’acceptation de tous les différents utilisateurs au niveau international. Bien que la télévision soit progressivement en voie de disparition sur cette bande, quelques pays continuent encore largement à y transmettre des programmes. C’est le cas de la Fédération de Russie par exemple qui s’est positionné contre cette extension lors des précédentes discussions préparatoires. De même, le Ministère de la Défense Français avait exprimé ses réserves compte tenu des risques de perturbations pour ses liaisons sur le territoire. Plusieurs réunions techniques préparatoires sont programmées d’ici 2019 pour tenter de trouver une issue favorable à cette extension et c’est à l’occasion de la réunion du 11 mai 2017, organisée à Maisons-Alfort par l’ANFR que l’IARU région 1 a sollicité la présence d’un représentant du REF pour participer aux groupes de travail. Notre action a en particulier visé à :

  • Justifier le besoin d’une bande élargie comme exigé par la résolution 658,

  • Estimer les risques d’interférences avec les services existants sur cette bande.

Notre justification d’un besoin de spectre supplémentaire est articulée autour de nouveaux usages “large bande” comme par exemple : la télévision amateur “bas débit”, des liaisons numériques, des modes expérimentaux, mettant en avant le côté expérimental et la limitation imposée par une restriction à 12.5 KHz actuellement en vigueur dans la portion 50-52 MHz. La coexistence avec les autres services a fait l’objet des discussions les plus ardues et nous avons argumenté notre position de nombreuses simulations « Monte Carlo » grâce au logiciel SEAMCAT qui est l’outil de référence (logiciel gratuit diffusé par l’UIT).

Bien que toutes les oppositions à cette extension ne soient pas encore complètement levées, nous avons bon espoir que ce nouveau plan de bande soit adopté en 2019. Dans cette perspective, quelques propositions de construction du nouveau plan de bande amateur seront discutées à Landshut lors de la prochaine Conférence Générale IARU Région 1 dans le cadre du comité V/U/SHF (Comité C5).

Bande 5650 - 5850 MHZ

Cette bande n’est pas directement visée par le point 1.16 de l’ordre du jour de la CMR19, mais en est une des potentielles conséquences… L’ordre du jour demande “de considérer la problématique des systèmes de radiocommunication mobile, incluant les réseaux locaux (WAS/RLAN) dans la bande 5150 - 5925 MHz, et de prendre les décisions de régulation appropriées, incluant l’ajout de spectre supplémentaire pour le service mobile, en accord avec la résolution 239 (CMR15)”.

En pratique il s’agit de trouver du spectre supplémentaire réservé aux services de la téléphonie mobile ou des réseaux sans fil. Notre bande amateur étant totalement incluse dans cette demande, nous pouvons nous inquiéter à juste titre des potentielles conséquences d’une nouvelle affectation en défaveur des radioamateurs.

Un groupe de travail très actif a été constitué par l’IARU qui prend en charge le déplacement de ses représentants dans ces différentes réunions préparatoires. Nous veillons à aborder ces sujets avec le plus grand professionnalisme et dans le respect du dialogue international pour conserver notre place et rester crédibles. Bien que peu visible, cette implication de l’IARU au plus haut niveau est le meilleur moyen de défendre les bandes que nous utilisons et de contribuer à garder ce spectre gratuit que beaucoup aimeraient monétiser.

Conférence IARU Région 1 à Landshut en septembre prochain

Cette année se tiendra à Landshut (Allemagne) la Conférence Générale de l’IARU Région 1. Comme à chaque édition, cette conférence se terminera par un vote en session plénière des différentes résolutions qui viendront amender ou compléter les plans de nos bandes. Il est important de rappeler que - à l’image de ce qui se fait pour les conférences de l’UIT - les sujets portés aux votes sont fixés à l’avance. C’est dans ce contexte que nous avions sollicité vos propositions à l'automne dernier et que le REF, comme les autres sociétés membres, a remis quelques propositions courant mars 2017.

L’ensemble de ces propositions a été consolidé et organisé par le secrétariat de l’IARU qui les a diffusées pour information il y a quelques semaines, donnant ainsi le départ à la période des consultations qui permettra à chaque participant de se faire un avis et de définir sa position pour le vote final.

Pour ce qui concerne la France, les différentes propositions reçues ont été diffusées et sont consultables par tous (voir références). Vous êtes donc invités à nous faire part de vos remarques pour que nous puissions établir la position majoritaire que nous porterons à Landshut. Les sujets proposés sont regroupés conformément aux différents comités (groupes de travail) qui organiseront la discussion contradictoire permettant de chercher le consensus de tous :

  • Des propositions pour la HF, discutées au sein du comité C4,

  • Des propositions pour les VHF, UHF et SHF discutées au sein du comité C5,

  • Des propositions pour les problématiques de CEM discutées au sein du comité C7.

Cette édition 2017 promet déjà de longues heures de négociations:

  • 15 propositions pour le C4,

  • 46 propositions de modification des plans de bande, règles de concours pour le C5,

  • 5 propositions pour le C7 qui se réunira pour la première fois.

On notera pour le C5 déjà quelques résolutions (proposées par le RSGB) consacrées à l’usage de la bande 52-54 MHz dans la perspective d’une décision positive à la CMR 2019 (voir paragraphes précédents).

Vos commentaires ou remarques sur cet ordre du jour sont attendus au plus tard fin juillet 2017, nous permettant ainsi de préparer courant aout notre synthèse et définir la position que nous voterons à Landshut. Vous êtes tous concernés !

Conférence 2020

La conférence fondatrice de l’IARU s’est tenue en France, en 1925. De nombreux français se sont illustrés depuis et tout au long du 20ème siècle pour contribuer à faire évoluer les techniques de la radiocommunication et en faire ce que nous utilisons tous aujourd’hui. Pourtant, la France n’a jamais eu l’opportunité d’accueillir à nouveau la Conférence Générale de la Région 1.

C’est pour ces raisons, et après une période de concertation, que le REF a fait acte de candidature pour accueillir l’édition 2020 et une demande officielle a été remise au secrétaire de l’IARU en mars 2017.

La ville de Bordeaux a été proposée et un groupe de travail a d’ores et déjà été constitué pour élaborer un dossier de candidature qui sera présenté à Landshut au cours de l’assemblée plénière et nous espérons que l’ensemble des sociétés membres votera en notre faveur !

 

Sylvain AZARIAN, officier de liaison IARU

 

Mise à jour le Vendredi, 16 Juin 2017 18:24  

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