Editorial de mars 2018

Envoyer Imprimer PDF

20161212 153207

 

Comme vous aurez l'occasion de le lire dans le rapport moral que nous publions en vue de notre assemblée générale début mai, le REF poursuit une politique réfléchie de réforme de nos conditions règlementaires.

La stratégie que nous appliquons a pris forme après la mise en application de l'arrêté du 23 avril 2012 fixant les conditions d’obtention des certificats d’opérateur, d’attribution et de retrait des indicatifs d’appel des services d’amateur. Pour résumer, cet arrêté instituait en France la délivrance d'une classe unique de certificats et supprimait donc la distribution des certificats de classe 3 dits « novices ». Lors d'une réunion REF/DGCIS le 4 avril 2014, l'autorité règlementaire que nous avions questionnée sur les conditions d'un éventuel rétablissement des licences d'entrée nous a indiqué que pour le moment, elle ne souhaitait pas revoir sa position, qui avait été prise pour des raisons de simplification et d'économie budgétaires dans le cadre de la politique gouvernementale. Ce point de vue a été réaffirmé lors de la réunion du 17 décembre 2015 devant les associations présentes, où, à la question posée sur la restauration d’une classe novice, la réponse figurant au compte-rendu officiel a été celle-ci : « La DGE rappelle que cette restauration n’est pas envisagée compte tenu de l’absence d’éléments nouveaux ». La DGE ne fermait pas la porte, mais sans argument probant à leurs yeux en faveur de cette restauration, sa position restait inchangée.

Dans ces conditions, plutôt que de faire dans « l'agitation-propagande », le REF a choisi de privilégier la voie internationale pour justement présenter des éléments nouveaux. Depuis lors, notre action s'est concentrée sur notre retour au bureau de l'IARU, sur le travail de propositions à la CEPT, où notre organisation internationale est très écoutée au niveau du groupe RAFG (Radio Amateur Forum Group) de cette instance européenne de l'UIT. Nous sommes en contact permanent avec Dave Court EI3IO, qui siège pour l'IARU dans ce groupe de la CEPT. Il était d'ailleurs le seul représentant des radioamateurs à la dernière réunion qui s'est tenue à Birmingham en février pour discuter des dernières propositions de recommandations sur les licences radioamateur. Ce travail au niveau international se poursuit donc dans l'ombre pour servir de base à nos actions auprès de notre tutelle. Car, si nous sommes en capacité de démontrer que les changements mis en œuvre dans les pays voisins ont fait progresser le nombre de radioamateurs, cela constituera peut-être "les éléments nouveaux" qu'attend notre administration.

Parallèlement, suite au changement d'affectation du service amateur au sein de l'ANFR, dès l'officialisation de ses nouvelles responsabilités, le nouveau directeur a pris contact avec nous pour envisager toutes les conditions possibles de partenariat, comme je l'ai écrit dans mon précédent édito et dans notre rapport moral, de façon à étudier ensemble toutes les évolutions possibles, sans tabou ni idées préconçues. Suite à cette invitation personnelle, une seconde réunion a eu lieu le vendredi 23 février à Maisons-Alfort pour nous écouter. Nous avons évoqué un certain nombre de sujets qui, selon nous, apportent un frein à la progression du nombre de radioamateurs en France. Sur la base de nos suggestions, des pistes sont en cours d'étude, dans le périmètre de responsabilité et de compétence de l'Agence. Nous rendrons compte de tout ceci aux représentants des associations partenaires qui voudront bien dialoguer dans le cadre d'une réunion de la Table Ronde Radioamateur, mais aussi à l'ensemble de nos membres lors de notre Congrès.

Comme vous le voyez, loin de l'agitation médiatique, nous agissons sans relâche pour retrouver une dynamique de croissance. C'est long, mais c'est en montrant à l'administration le sérieux d'une association réellement représentative qu'avec son aide, nous y parviendrons. Il est bien sûr trop tôt pour faire des annonces, mais il est certain qu'une dynamique s'amorce.

Samedi 24 février, à l'occasion de l'AG annuelle de l'AMSAT-francophone, s'est tenue à l'Electrolab-Hackerspace de Nanterre une journée consacrée à l'activité spatiale. Journée très dense et passionnante de présentation des succès de l'année ainsi que des projets de satellites scientifiques et éducatifs à venir. Le lieu choisi était idéal, dans cette ambiance bouillonnante de créativité, sympathique et bon enfant. Un des responsables du projet PICSAT de l'observatoire de Paris-Meudon, Mathias F4HZG, a passé sa licence spécialement pour créer, avec l'aide du REF, un radio-club sur le site de l'observatoire. Ce partenariat avec les milieux universitaires et scientifiques rentre parfaitement dans les objectifs affichés du REF de son plan stratégique adopté et publié sur le site du REF en juillet 2016. Nous ferons tout pour développer en France cette activité. Il était pour moi parfaitement réjouissant de voir tous les jeunes scientifiques présents ce jour-là, étudiants et chercheurs de haut niveau, mettre en avant l'apport des radioamateurs et repartir avec la liste des radio-clubs formateurs et la ferme intention de passer leurs licences.

Il est absolument incompréhensible pour le REF d'entendre des voix s'élever contre des partenariats dans ces milieux. Le service amateur par satellite a le privilège de disposer de fréquences disponibles. Le REF et l'AMSAT, de par les chartes qui nous lient à l'IARU, sont les seules entités reconnues en France pour porter ces projets relevant du droit international de l'UIT. Nous en userons sans modération chaque fois que ce sera possible pour étendre notre présence et notre influence dans les milieux universitaires, scientifiques et techniques et assurer ainsi une relève de qualité.

Lucien SERRANO, F1TE
Président du REF

 

Editoriaux archivés

 

RUBRIQUE DEPARTEMENTALE

Abonnez-vous au flux RSS !

Suivez nous sur Twitter

 
iarubfra-logo1
 
 
logo anfr
 
Logo ITU-1