Editorial d'avril 2018

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Comme chaque année à pareille époque, après le délai de perception de la taxe annuelle, nous demandons à l'ANFR le nombre de radioamateurs en France, que l'Agence nous communique aimablement. Début février, elle comptabilisait en métropole 13285 indicatifs individuels, soit environ 200 de moins qu'en 2016, alors que le nombre de radio-clubs augmentait légèrement d'une dizaine, à 345. Le nombre de stations répétitrices augmentait quant à lui de 836 à 900, visiblement boosté par l'ouverture de hotspots numériques individuels. Ces chiffres doivent nous interpeler car ils montrent que les nouveaux radioamateurs ne compensent pas les abandons pour causes diverses. Visiblement, la réforme de la distribution des indicatifs mise en place en 2012 a raté un de ses objectifs. L'adoption d'un certificat unique et l'abandon de l'épreuve de lecture au son devait faciliter l'accès au plus grand nombre par la simplification de la procédure. Chacun doit en prendre sa part de responsabilité, le mouvement associatif, qui manque sûrement de moyens pour investir vers la jeunesse, comme l'Administration. Car je reste persuadé que le taux de radioamateurs dans un pays donne une indication sur son dynamisme technique et industriel. Ce n'est pas pour rien que l'Allemagne ou l'Angleterre, pour ne citer qu'eux, ont 4 à 5 fois plus de radioamateurs que la France. C'est ce que j'ai défendu récemment lors de mes rencontres avec l'Administration, en pointant du doigt les difficultés rencontrées pour le passage des certificats d'opérateurs. Une difficulté, constatée auprès de nos radio-clubs formateurs, est l'accès aux centres d'examens. La carte de France publiée sur le site ANFR est éloquente. Certaines régions sont vides de tout centre d'examen, et l'égalité républicaine qui avait conduit, à la Révolution, d'avoir pour chaque citoyen une préfecture à quelques heures de cheval est sérieusement mise à mal pour les pauvres radioamateurs que nous sommes. Nous avons des exemples de personnes qui, ayant pris une journée de congé, fait des centaines de kilomètres pour tenter un examen et ayant malheureusement échoué à la première tentative, ont finalement abandonné tout espoir de devenir radioamateur. Le système actuel est dissuasif pour beaucoup de jeunes ou d'actifs, obligés de prendre une journée de congé puisque les sessions d'examens ne peuvent se dérouler que durant les jours ouvrables. Et que dire des programmes, à l'heure où l'on module et démodule le signal avec un Raspberry-Pi ou autre pico-ordinateur au plus près de l'antenne ? Faut-il continuer à maîtriser le synoptique d'un superhétérodyne à triple changement de fréquences pour être radioamateur ? Nous pensons vraiment qu'il y a urgence à repositionner notre certificat d'opérateur dans le contexte de la réalité de notre activité au vingt-et-unième siècle, en s'appuyant plus fortement sur le tissu associatif représentatif, comme cela se fait dans beaucoup d'autres pays en Europe et dans le monde. C'est ce que je plaide lors de nos discussions avec la tutelle. J'ai demandé une enquête sur le sujet auprès des sociétés membres de l'IARU région 1 au président G3BJ. Dès que nous aurons les résultats définitifs, nous les publierons sur notre site, mais les premières statistiques sont éloquentes : sur 27 membres de l'IARU ayant répondu, plus de la moitié des administrations des pays de la région 1 de l'UIT sous-traite tout ou partie du passage de nos certificats au milieu associatif, tant pour l'établissement des programmes, le choix des questions que l'organisation des sessions d'examens.

Dans un mois se déroulera notre Congrès à Mulhouse. Vous avez tous reçu le Radio-REF de mars en version papier pour vous faciliter la lecture de tous nos bilans et rapports statutaires. Ces mêmes rapports sont envoyés aux administrations de tutelle de façon à démontrer la pérennité et le fonctionnement démocratique de notre association.

Vous trouverez dans ce numéro tous les renseignements pour l'organisation du vote au conseil d'administration. Comme l'an passé, je vous demande de privilégier le vote par Internet, simple, rapide et efficace.

J'espère vous rencontrer nombreux à l'occasion de notre Congrès.

 

Lucien SERRANO, F1TE
Président du REF

 

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