Editorial de novembre 2020

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Alors que je termine cet éditorial, notre pays met en place un nouveau confinement afin de maîtriser la propagation de la COVID-19 et ses conséquences. Comme toute la nation, notre communauté radioamateur va donc devoir une nouvelle fois s’adapter rapidement aux conséquences de cette pandémie  : formation en distanciel, réunions virtuelles, fermeture des radio? clubs, concours sans les catégories multi-opérateurs ou portable, etc.

Soyez certains que le nouveau conseil d’administration dont vous trouverez la composition dans ce numéro est au travail, dans ce contexte si particulier. Je souhaite remercier nos très nombreux membres qui ont participé par le vote électronique à l’élection des administrateurs  ; plus de 72  % de participation, c’est un signe fort de l’intérêt que vous portez au fonctionnement de notre association. Notre assemblée générale statutaire s’est tenue à Tours le 16 octobre dans des conditions minimalistes, mais elle a néanmoins permis des échanges intéressants avec les membres présents ou représentés, ainsi que par courriel avant et après l’assemblée générale. Nous y avons discuté de la nécessité dans ce contexte à faire évoluer le cadre statutaire pour permettre à l’avenir l’utilisation plus large de nouveaux outils, ce sera un axe de travail pour 2021/2022.

J’aimerais partager avec vous quelques thèmes actuels de réflexion et d’action. Je réalise que chacun d’entre nous a une perception personnelle différente de la situation et des évolutions possibles de notre communauté et de ses activités futures, mais le conseil d’administration et moi-même pensons important d’échanger sur ces points dans un esprit d’ouverture et de tolérance, sans polémiques.  

L’évolution du radioamateurisme, les modes numériques, la gestion du spectre, la pyramide des âges sont des thèmes clefs au cœur de l’avenir de notre communauté. Lors de la séance d’ouverture de la conférence virtuelle de l’IARU région 1 du 11 au 16 octobre (initialement prévue à Novi Sad) Tim Ellam VE6SH, président de l’IARU, a souligné l’importance d’un réel changement d’état d’esprit et la nécessité de l’ouverture nécessaire pour notre communauté vers une organisation plus souple renforçant ses contacts avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème des télécommunications et les autres acteurs des communautés scientifiques et citoyennes.  

Nous devons tous désormais être rapidement les acteurs d’un véritable changement. Il nous faut réinventer le radioamateur du 21ème siècle en conservant certes les fondamentaux de notre activité  : l’expérimentation, l’éducation, la recherche de la performance, l’effort dans un esprit de fraternité, de tolérance et d’ouverture, mais en acceptant aussi l’arrivée de nouvelles technologies, de nouveaux modes et de nouveaux profils de radioamateurs pratiquant notre activité de façon différente mais partageant néanmoins la même passion des ondes.

La technologie a changé, nos comportements sociaux ont aussi changé. Il nous faut l’accepter, mais aussi en comprendre tous les enjeux, les risques et les opportunités. Refuser les technologies numériques dans notre activité serait une grave erreur, mais nous devons être également vigilants à préserver la diversité de notre écosystème. L’utilisation quasi exclusive des modes numériques (FT8…) sur certaines bandes appauvrit significativement cet écosystème, et pourrait même mettre en péril certaines allocations de fréquences (le spectre est une ressource très convoitée) si cela devenait malheureusement notre seule présence sur quelques fréquences uniques. Cependant, nous croyons fermement qu’une utilisation pragmatique et complémentaire de ces nouveaux modes peut aussi permettre la réalisation de liaisons dans des modes traditionnels par des amoureux des signaux faibles décodés par le cerveau humain. Alors, évitons tout excès ou sectarisme, et encourageons une pratique équilibrée et complémentaire des nombreux modes de trafic à notre disposition sur l’ensemble de nos bandes.    

La diversité est un des attraits majeurs de notre activité, sachons la préserver et même la développer. Ne nous opposons pas aux pratiques nouvelles. Conservons à chacun le libre choix de ses activités et permettons d’en faire la promotion dans le respect mutuel et en veillant à la préservation d’un équilibre au bénéfice de tous.
Nous espérons échanger expériences et commentaires sur ces sujets dans les semaines et mois à venir.  Assurons-nous ensemble que notre communauté radioamateur, tout en conservant ses valeurs, demeure un acteur important mais aussi moderne et actif du paysage radioélectrique du futur.   

Prenez soin de vous et des vôtres, meilleures amitiés.

Jean-Louis TRUQUET F5DJL, président du Réseau des Émetteurs Français.

 

 

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